Plus-value immobilière : quelle imposition ?
Expliquer le calcul de la plus-value, les principaux abattements et les cas d'exonération.
Par Laure Haddad Publié le

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La plus-value immobilière est généralement imposée lorsqu’un bien est vendu plus cher qu’il n’a été acquis. Pour un bien taxable, l’impôt sur le revenu est de 19 % et les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit 36,2 % avant prise en compte des abattements. La résidence principale est, en principe, exonérée. La durée de détention peut ensuite réduire fortement la base taxable, jusqu’à une exonération totale après 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux.
Réponse immédiate : pour une vente imposable, la plus-value nette est soumise à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La résidence principale bénéficie en principe d’une exonération. Le notaire calcule le montant dû, vérifie les justificatifs et effectue les formalités lors de la vente.
Quel taux s’applique sur le gain immobilier taxable ?
La plus-value correspond au gain constaté entre le prix de cession et le prix d’acquisition, après les corrections prévues par les règles fiscales. Elle ne doit donc pas être confondue avec le montant simplement affiché entre le prix d’achat initial et le prix de vente final.
Lorsqu’aucune exonération ne s’applique, la part imposable supporte deux prélèvements distincts : 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Le taux total atteint ainsi 36,2 % avant les mécanismes liés au temps de détention. Une taxe supplémentaire peut également concerner les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, avec un taux compris entre 2 % et 6 % selon le montant concerné.
Ce cadre vise notamment la vente d’une résidence secondaire, d’un logement locatif, d’un terrain ou de certains droits immobiliers. Une cession réalisée par l’intermédiaire d’une SCI non soumise à l’impôt sur les sociétés peut aussi relever de ce régime. Chaque dossier mérite toutefois une vérification, car la nature du bien, sa destination et la situation du vendeur ont une incidence directe.
Construire la base taxable avant l’application de l’impôt
Le calcul démarre avec le prix inscrit dans l’acte de vente. Certains frais supportés par le vendeur peuvent, sous réserve des conditions applicables et des justificatifs, venir diminuer ce prix. À l’inverse, des sommes versées au profit du vendeur peuvent devoir y être ajoutées.
Le prix d’acquisition ne se limite pas nécessairement au montant payé lors de l’achat. Il peut être majoré, selon les cas, de frais d’acquisition, de charges ou indemnités versées au vendeur à l’origine, ainsi que de certaines dépenses de travaux. Les frais d’acquisition peuvent être retenus pour leur montant réel justifié ou de manière forfaitaire à hauteur de 7,5 % du prix d’achat. Pour un bien détenu depuis plus de cinq ans, un forfait de 15 % du prix d’achat peut être envisagé pour les travaux, sous réserve que les conditions du régime soient réunies.
| Élément examiné | Effet possible sur le calcul |
|---|---|
| Prix figurant dans l’acte de vente | Point de départ du prix de cession |
| Frais de vente admissibles et justifiés | Peuvent diminuer le prix de cession retenu |
| Prix payé à l’acquisition | Point de départ du prix d’acquisition |
| Frais d’acquisition et travaux admissibles | Peuvent majorer le prix d’acquisition retenu |
Pour un bien reçu par donation ou succession, le raisonnement diffère : la valeur retenue pour le calcul des droits de donation ou de succession sert de référence au prix d’acquisition. Il est donc utile de réunir les actes, factures et déclarations utiles bien avant la signature d’une promesse.
Durée de propriété : deux calendriers fiscaux à connaître
La durée de détention ouvre droit à un abattement à partir de la sixième année. Son rythme n’est pas identique pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. C’est pourquoi une vente après 22 ans peut ne plus supporter d’impôt sur le revenu tout en restant partiellement soumise aux prélèvements sociaux.
| Durée de détention | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Jusqu’à 5 ans | Aucun abattement | Aucun abattement |
| De la 6e à la 21e année | 6 % par an | 1,65 % par an |
| 22e année | 4 % | 1,6 % |
| Au-delà de 22 ans | Exonération | 9 % par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonération | Exonération |
La date de vente envisagée peut donc modifier sensiblement le coût fiscal. Cela ne signifie pas qu’il faut différer une cession à tout prix : le projet de vie, l’état du bien, le marché local et la capacité de l’acheteur restent déterminants. En revanche, connaître l’échéance d’un abattement aide à arbitrer avec une vision complète.
Dans quels cas une vente peut-elle être exonérée ?
La vente de la résidence principale est le cas le plus connu. Elle est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux lorsque les conditions sont réunies. Le logement doit notamment constituer la résidence principale du vendeur au moment de la cession. Les dépendances immédiates et nécessaires peuvent également relever de ce traitement dans certaines situations.
D’autres exonérations ou dispositifs existent selon le profil du vendeur, la nature de l’opération ou la destination du bien. Les non-résidents, certaines premières cessions d’un logement autre que la résidence principale, des opérations particulières ou certaines ventes liées à des programmes immobiliers peuvent obéir à des règles spécifiques. Il est préférable de faire contrôler l’éligibilité avant de bâtir un plan de financement sur une exonération supposée.
Les loueurs en meublé non professionnels au régime réel doivent aussi être particulièrement attentifs. Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont, sous certaines conditions, réintégrés dans le calcul de la plus-value. Cette évolution peut augmenter la base avant l’application des abattements.
Notaire et vendeur : organiser les pièces avant la signature
Le notaire occupe une place centrale dans ce processus. Il calcule la plus-value imposable, applique les abattements auxquels le vendeur peut prétendre, accomplit la déclaration et prélève l’impôt lors de la vente. Le montant n’est donc pas habituellement payé par le vendeur plusieurs mois après la signature : il est intégré au décompte financier de l’opération.
Une bonne préparation consiste à transmettre tôt les documents utiles : acte d’achat, déclaration de succession ou acte de donation le cas échéant, factures de travaux, éléments relatifs aux frais d’acquisition et justificatifs de l’occupation du logement. Conserver les pièces facilite le calcul et limite le risque qu’une dépense admissible ne puisse pas être prise en compte faute de preuve.
Avant de fixer un prix ou d’accepter une offre, demander une estimation du produit net de vente permet de distinguer le prix affiché de la somme réellement disponible après remboursement du prêt, frais éventuels et fiscalité. Cette approche donne une base plus fiable pour préparer un nouvel achat, une transmission ou un changement de projet.
La vente d’une résidence secondaire est-elle taxée à 36,2 % ?
En l’absence d’exonération, la plus-value imposable est soumise à 19 % d’impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux. Le total de 36,2 % s’applique avant les abattements pour durée de détention et avant une éventuelle taxe supplémentaire sur les plus-values élevées.
À partir de quelle année les abattements réduisent-ils la plus-value ?
L’abattement débute à compter de la sixième année de détention. Il est calculé différemment selon qu’il concerne l’impôt sur le revenu ou les prélèvements sociaux.
Qui règle l’impôt sur la plus-value au moment de la vente ?
Le notaire calcule l’imposition, accomplit les formalités déclaratives et prélève le montant correspondant sur le prix de vente dans le cadre de l’acte. Le vendeur doit lui fournir des informations et justificatifs complets.
Les factures de travaux sont-elles toujours nécessaires ?
Elles sont utiles pour retenir des dépenses réelles lorsqu’elles répondent aux conditions applicables. Un forfait de 15 % du prix d’achat peut être prévu pour les travaux si le bien est détenu depuis plus de cinq ans et si les conditions du dispositif sont remplies. Le notaire peut préciser la solution adaptée au dossier.
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L’auteur
Juriste en droit immobilier
Je décrypte les règles qui encadrent les honoraires, les contrats et les opérations immobilières. Je transforme les textes complexes en repères concrets pour aider chacun à décider avec discernement.
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